Abdoughaffor Abdoudjabbor

Écrivain du peuple du Tadjikistan. Lauréat du prix littéraire Sadriddine Ayni. Docteur honoris causa en philosophie, section littérature. Membre de l'Académie des beaux-arts du pays.

Il est venu à la littérature par le journalisme. Il s'est formé à Leningrad, ce qui signifiait alors une école sérieuse et exigeante, et a commencé à la télévision, où ses collègues remarquèrent tôt que sa manière de faire un reportage n'avait pas grand-chose de commun avec celle de ses contemporains. Il a écrit des centaines d'essais et d'articles sur des gens de science et d'art. Chacun d'eux, dit-il, lui ouvrait un monde nouveau.

Sa prose est née de cette attention. Il travaille dans deux formes. La première est la rezahikoya, la très courte nouvelle, deux ou trois pages qui contiennent un seul incident : une grand-mère qui émince des carottes ; un chat dans une cour ; la phrase d'un maître qu'un enfant portera quarante ans. Le critique Ravchani Mahsoumzod les a comparées à des tableaux, où un événement ordinaire reçoit chaque couleur clairement et à sa place. La seconde est la povest, dont il a écrit quatre. Djourakhon Baqozoda a observé qu'on n'y trouve pas de chocs violents entre forces opposées, mais les réflexions embrouillées d'un personnage central sur les événements d'une vie, et que l'écrivain met au jour pas à pas le terrain psychologique, historique et social de la formation d'un caractère.

Il est aussi l'un des traducteurs littéraires importants du Tadjikistan. Sa version tadjike de Cent ans de solitude de García Márquez a valu au journaliste colombien Martín Rodríguez de l'appeler l'ambassadeur de la littérature colombienne en Asie centrale. Il a écrit des portraits en volume du compositeur Tolib Chahidi (Capriccio), du peintre Vafo Nazarov (Les leçons de Vafo Nazarov) et de l'acteur kazakh Assanali Achimov (Fils de la terre kazakhe).

Son recueil Face à face avec le miroir, qui rassemble plus de quarante nouvelles brèves et quatre povesti écrites au fil des ans, a paru en seconde édition revue chez Adabiyoti Batchagona, à Douchanbé, en 2026.

Il a quatre enfants : Nigorabonou et Firouz, Cherzod et Mijgonbonou.